Le syndrome du jumeau perdu

 

Supposé jadis, il est devenu avéré aujourd’hui, grâce à l’échographie, que de nombreuses grossesses sont gémellaires dans les premières semaines, pour se terminer par la survie d’un seul enfant. Jusqu’à la fin du premier trimestre de gestation, plus ou moins 15 % des grossesses seraient gémellaires alors que la naissance de jumeaux ne concerne qu’1 % des naissances environ. La mort d’un jumeau en début de grossesse est donc fréquente. Certains avancent des chiffres encore plus importants, de l’ordre de 20 ou 30 % de grossesses initialement gémellaires.

 

Un des embryons disparait à cause d’une malformation, un dysfonctionnement du placenta ou une autre cause. L’embryon survivant est rarement touché physiquement, mais de très nombreux témoignages montrent que l’impact psychologique peut être important. Bien sûr, chacun est différent et les personnes les plus sensibles ressentiront davantage l’impact de cette perte.

 

Un embryon de quelques semaines semble capable de ressentir la présence puis l’absence de son jumeau. Les témoignages vont dans ce sens. La perte d’un jumeau peut être ressentie dès la naissance par le jumeau restant. On parle alors de syndrome du jumeau perdu. Il consiste à ressentir de la nostalgie, de la culpabilité (d’avoir tué l’autre ou d’avoir pu vivre alors qu’il n’a pas eu cette chance), de la solitude et surtout un sentiment de manque.

 

Le jumeau mort peut être expulsé, comme lors d’une fausse couche, ou être absorbé par le placenta ou par le jumeau survivant. Des années plus tard, on découvre dans son ventre un reste de son jumeau, un kyste de chair, d’os, de poils… J’ai connu personnellement une jeune femme dans ce cas. Son « jumeau » était greffé sur son utérus. Il était gros comme un nouveau-né lorsqu’elle a commencé à le sentir et qu’il lui a été retiré, à l’âge adulte. Il avait grandi avec elle, ce pourquoi il était passé inaperçu.

 

La présence du jumeau est rarement si visible et évidente. Elle peut être prouvée par échographie si la future mère en a subi une très précocement et que celle-ci révélait alors la présence de deux embryons, ou d’un embryon et d’une poche vide.

 

Le plus souvent, les signes sont discrets : des saignements en début de grossesse, avec, ou non, des maux de ventre laissant craindre une fausse couche, alors que la grossesse semble finalement se poursuivre normalement.

 

Et plus discret encore, le sentiment depuis toujours de chercher quelqu’un, d’attendre sa moitié, de se sentir incomplet, seul et vide.

 

Je me rappelle d’un petit garçon d’une dizaine d’années qui inquiétait beaucoup ses parents, car il se mettait souvent en danger. Lorsque je lui avais proposé de dessiner sa famille, il avait dessiné une femme enceinte. Cela m’avait étonnée, car sa mère n’était pas enceinte et les garçons ont peu tendance à s’intéresser aux grossesses ou à dessiner des femmes enceintes. J’avais demandé à la maman si elle comprenait pourquoi et elle m’avait alors expliqué qu’elle avait perdu son jumeau durant la grossesse et qu’elle avait toujours eu le sentiment qu’il le cherchait, jusqu’à la naissance de la petite sœur quelques années plus tard. Il avait accueilli cette petite sœur comme s’il l’attendait et, depuis, il l’adorait. Il ne savait pas qu’il avait eu un jumeau in utéro.

 

Les personnes qui ont été « amputées » d’un jumeau disent se sentir seules, incomplètes.

 

Dans les symptômes listés par les spécialistes, on retrouve :

 

* Le sentiment de manque, d’incomplétude, avec le besoin de « retrouver » le jumeau perdu en vivant une relation exclusive.

* La peur d’être abandonné et une hyper-sensibilité aux séparations et aux deuils. La difficulté à se séparer de ses affaires (qui sont éventuellement achetées en double).

* Un sentiment de culpabilité, l’auto-sabotage où l’on s’interdit de réussir.

* Une tendance à être très sensible, silencieux, en retrait, à s’isoler et à se sentir incompris.

* Un rapport problématique avec la nourriture (anorexie ou boulimie).

* Des difficultés à faire des choix.

* Des tendances à la dépression.

 

Les témoignages sont éclairants. Et si le syndrome du jumeau perdu pouvait expliquer que tant de gens se sentent mal et aient besoin de recourir à des suivis psychologiques, des médicaments, des addictions… ?

 

Une pratique thérapeutique semble particulièrement indiquée pour soulager les personnes dans ce cas, il s’agit des « Constellations familiales ».

 

Un livre est consacré à ce sujet : http://www.amazon.fr/dp/2840585472/ref=nosim?tag=cg03c-21

L’un des auteurs explique que le lien entre les jumeaux est présent avant même que le cœur ne commence à battre, soit avant la fin de la troisième semaine.

Vous pouvez voir sa vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=s6HKbjz63KI

 

Des sites explorent aussi ce thème, comme ceux-ci :

http://jumeauxandco.com/grossesse-gemellaire-2/le-syndrome-du-jumeau-perdu/

 

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