Aider un élève dyslexique ou en grande difficulté en lecture

 

Voici quelques conseils pour l’aider à mieux apprendre :

  

Expliquer à l'enfant que l'on sait qu'il a une difficulté particulière et que l'on va essayer d'en tenir compte pour l'aider, cela permet de créer un climat de confiance et de la déculpabiliser. Le travail nécessite beaucoup d'effort pour lui, l'encourager souvent.

    

1. Remplacer les exercices nécessitant de la copie par des exercices à trous : Lors d’exercices visant à améliorer ou à évaluer les acquis en grammaire (par exemple), l’enfant doit se concentrer au maximum sur la notion de grammaire. S’il ne maîtrise pas la lecture, lire les phrases et les mémoriser par bribes pour les recopier lui demandera beaucoup d’énergie cognitive au dépend du travail de réflexion sur la grammaire. Si on supprime l’effort de copie et qu’on lui lit chaque phrase, il pourra se concentrer de façon plus soutenue et efficace sur les notions de grammaire qui nous intéressent.

 

2. Ne pas le laisser seul face à des consignes, des énoncés de problèmes, des phrases sur lesquelles il doit travailler. Si l’enfant perd son temps et son énergie à déchiffrer, il ne comprend pas bien ce qu’il lit, travaille lentement, moins efficacement, acquiert moins bien les notions, les savoirs, accumule un retard scolaire et se démotive. Avant de le laisser faire des exercices ou résoudre des problèmes, il faut lui lire tout ce qu’il y a à lire (y compris lors des évaluations) et retourner de temps en temps s’assurer qu’il n’a pas besoin d’une relecture.

   

3. Il ne faut pas lui demander de lire des textes trop longs, cela le décourage et ne le fait pas progresser. Il faut mieux qu’il lise plusieurs fois de suite une petite partie du texte, qu’il lira de plus en plus aisément à la deuxième et surtout à la troisième lecture. On peut également la lui lire une fois avant qu’il ne commence.

  

4. Ne pas le faire lire à haute voix devant tout le monde ; cela le décourage et le dévalorise. Afin d’évaluer sa lecture à voix haute, il faut le faire lire seul, sans témoin ; il sera moins tendu et donc plus performant.

  

5. Si la classe doit travailler sur un livre ou un texte long, il peut préparer la lecture chez lui, quelques jours auparavant, éventuellement avec l’aide d’un adulte qui lui en lit une partie.

   

6. Lors des évaluations, il perd du temps à lire les phrases (même après la lecture d’un adulte) et à réfléchir à la façon d’écrire les mots (Quand on lit mal, on mémorise mal l’orthographe des mots, voire des phonèmes). Or, on évalue certains acquis et non sa capacité à lire et à travailler au même rythme que les enfants bons lecteurs ; il faut donc lui laisser plus de temps que les autres pour les évaluations.

  

7. Un enfant en difficulté en lecture peut avoir des troubles visuo-attentionnels qui occasionnent des difficultés pour suivre la ligne. Il peut s’aider pour lire avec le doigt, une règle posée sous la ligne ou une fenêtre découpée dans une feuille de papier, dans laquelle l’enfant ne voit qu’une ligne à la fois. De même, pour travailler sur un écrit, il peut surligner les mots ou les parties importantes.

  

8. Les enfants qui ont des difficultés pour lire, notamment ceux qui ont des troubles visuo-attentionnels ou spatiaux, ont d’autant plus de mal à reconnaître les syllabes et les mots que le texte est écrit en petits caractères. On peut photocopier le texte en l’agrandissant de 15 à 20 %. N’oublions pas que les premières pages des livres d’apprentissage de la lecture sont écrites en gros caractères, nécessaires pour un enfant qui ne maîtrise pas la lecture.

  

9. Limiter la copie qui demande beaucoup d’énergie, de temps et décourage l’enfant. Pour les leçons, les poésies, la liste des devoirs, lui fournir des photocopies ou demander à quelqu’un qui écrit bien de copier à sa place.

 

10. Favoriser l’oral, l’interroger souvent devant la classe ou prendre un moment pour le faire travailler en individuel, à l’oral : Pendant que la classe fait des exercices écrits, il fait les mêmes exercices à l’oral avec l’enseignant(e).

  

11. Conseiller aux parents de ne pas le laisser apprendre seul ses leçons, ses poésies. Un adulte peut les lui lire plusieurs fois et permettre une mémorisation par l’oral.

   

12. Lorsque l'enfant échoue à un exercice, une vérification à l'oral permet de savoir s'il est  capable ou non de réussir l'exercice. De temps en temps, l'enseignant peut évaluer l'enfant à l'oral pour vérifier ses acquis sur les notions enseignées depuis le début de l'année.

  

13. Ne pas trop tenir compte de l'orthographe dans les exercices. Si le niveau d'orthographe est trop faible, noter les dictées d'une façon différente, par exemple sur 100 ou par nombre de fautes car un 0/20 systématique ne l'aidera pas à progresser.

 

14. Pour les rédactions, l'enseignant peut prendre le texte de l'enfant sous la dictée, ce qui permet à celui-ci de se consacrer exclusivement sur ce qu'il veut dire et  comment il veut le dire.

  

15. L'apprentissage des tables de multiplications est souvent difficile pour ces enfants. Accepter qu'il soit plus lent pour les apprendre. On peut également lui conseiller d'essayer de les apprendre en les fredonnant (mémoire mélodique).

 

16. Enfin, l’important est de, malgré tout, développer chez ces enfants, le goût et l’envie de lire. Le mieux est de leur proposer des bandes dessinées où il y a une histoire complète par page, ce qui permet d’accéder rapidement à une histoire sans trop d’effort, en peu de temps, avec l’aide des dessins.

 

Pour les enfants dyspraxiques et souffrant d'une dysgraphie importante, on peut suivre quelques-uns de ces conseils, d'autant qu'ils souffrent parfois de dyspraxie visuo-spatiale qui les empêche d'accéder à une lecture fluide. Là encore, il s'agit d'alléger l'effort cognitif porté sur l'acte graphique au dépend de la concentration nécessaire aux apprentissages.

 

Guide sur les troubles du langage oral et écrit : Guide1d 270409Guide1d 270409 (707.33 Ko)

 

Livret de suivi de l'élève dyslexique : Doc 16p dyslexie defdedef imp3Doc 16p dyslexie defdedef imp3 (145.72 Ko)

 

Le laboratoire Cognisciences (Université + IUFM) de Grenoble fournit gratuitement des tests de dépistage pour la lecture (ODEDYS II, EFLE), l'orthographe et la copie en CM1 et CM2 (ROC, REPERDYS) destinés aux enseignants, aux maîtres E et aux psychologues scolaires. Pour la médecine scolaire, le test BSEDS est disponible également sur ce site.

 

Il suffit de s'inscrire et de laisser son adresse mail pour recevoir par mail le ou les tests.

www.cognisciences.com/rubrique.php3

 

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